Dimanche 6 avril 2008
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Le 22 Mars, les indiens célébraient Holi, la Fête des Couleurs.
Mais d’abord, un peu de culture :
« La
Holî - parfois appelée fête des couleurs ou Phâlgunotsava - est la fête hindoue de l'équinoxe de printemps. Elle trouve son origine dans la Vasantotsava, à la fois un sacre du printemps et célébration de la fertilité. Il est fêté dans toute l'Inde durant deux jours au cours de la pleine lune du mois de Phâlguna qui se situe en février-mars. La holî est dédiée
à Krishna
dans le nord de l'Inde et à Kâma dans le sud.
La Holî est
fêtée avec une ferveur particulière en Orissa et dans la
région de Mathura, la ville de
naissance de Krishna.
La nuit du
premier jour de la fête, un feu est allumé pour rappeler la crémation de Holîka. Le deuxième jour, connu sous le nom de Rangapanchami, les gens, habillés en blanc, circulent avec des pigments de
couleur qu'ils se jettent l'un à l'autre, il est alors d'usage de s'excuser, après avoir sacrifié au rite coloré, par « Bura na mano, Holî hai » (Ne soyez pas fâché, c'est la Holî
en hindî). C'est aussi
l'occasion pour s'inviter à partager des mets faits spécialement pour cette occasion.
Suivant la
mythologie hindoue, Hiranyakashipu, le roi des démons, s'était vu accordé par Brahma le privilège
de ne pouvoir être tué. Il était alors devenu arrogant et causait beaucoup de mal au ciel et sur la terre. Son fils, Prahlad, était un adorateur de Vishnou qu'il continuait à vénérer malgré l'opposition et les menaces de son père. Très fâché contre son fils, Hiranyakashipu
le défia de s'allonger dans un feu avec Holîka, sa sœur, la tante de Prahlad, qui ne pouvait mourir par le feu. Prahlad accepta sans difficulté le défi et pria Vishnou de l'aider dans cette
épreuve. Quand ils furent entrés dans le feu, chacun put observer avec stupéfaction et contre toute attente que Holika était brûlée à mort. Prahlad, quant à lui, s'en tira sans aucune
blessure.
Avant de
mourir, réalisant sa folie, Holîka implora le pardon de Prahlad qui le lui accorda et qui est depuis, chaque année, fêté au moins un jour pour son geste. La Holî est la célébration de la
crémation de Holîka.
Ce festival exubérant est également associé à l'amour immortel de Krishnaaa et de Râdhâ. Le
jeune Krishna se plaignait
à sa mère Yashoda du teint si clair de Râdhâ, alors que lui avait la peau si foncée. Yashoda lui conseilla alors d'appliquer de la
couleur sur le visage de Râdhâ pour voir comment deviendrait son teint. », Wikipédia
Voilà, maintenant vous savez le pourquoi du
comment!
Au programme donc, bataille de couleurs dans les
rues de Delhi désertées (si c'est possible!) pour l'occasion! Avec ma coloc, on prenait le ptit déj sur la terrasse quand les enfants du quartier se sont mis à nous appeler et à nous envoyer des
ballons d'eau... On ne va pas se laisser faire quand même! On enfile des vêtements auxquels on dira définitivement adieu à la fin de la journée, direction recherche de munitions!!!! On trouve
enfin un rickshaw qui nous accepte mais, manque de bol, pas assez rapidement, car le 1er assaut des ados est pour moi : happy holi!!!!! Me voilà déjà à moitié trempée, avec une 1ère couche de
poudre rose et violette partout : visage, cou et cheveux et en bonus, de la bombe de peinture argentée qui me fait ressemblée, au bonheur, à un zèbre vu de dos! La journée commence bien, mais ils
ne perdent rein pour attendre : 600 roupies en poche à dépenser en couleurs, ballons et autre fusil à eau…
C'est chose faite, nous voilà, nous petits blancs
du quartier (quoique plus vraiment très blancs...) prêts à en découdre! Toute la matinée, on se prendra des seaux d'eau colorée dessus, des bombes à eau jetées des toits des immeubles, des
poignées entières de poudre de couleur partout, alternant entre poursuite acharnée contre les petits merdeux de voisins et les gestes attentionnées des anciens qui nous donnent bénédiction et
vœux de bonheur en nous effleurant à peine les joues avec quelques couleurs!
Etonnant d'ailleurs : en Inde, on "joue" à une
fête : ils nous demandent tous "do you want to PLAY holi with us?". Et tout le monde se plie à la tradition : petits (dès 2 ans, mais quand même plus ou moins apeurés par le chaos ambiant) et
grands. J’imagine la même situation en France pour une manifestation catholique par exemple, et tout me semble bien improbable… Les loisirs, le jeu et la détente tiennent une place vraiment à
part en Inde : les indiens dansent dans les cinémas en écoutant les hits bollywoodiens, passent beaucoup de temps autour d’un tchaï à discuter et rigoler en famille… Pas étonnant donc de
constater que la religion elle aussi se vit avant tout et reste ludique.
Il est vraiment remarquable de voir à quel point
la grande majorité des indiens sont tolérants : il n’était pas forcément évident que, nous, occidentaux, soyons si bien accueillis et intégrés à cette célébration hindoue, et
pourtant…