Dimanche 6 avril 2008 7 06 /04 /Avr /2008 14:02

Après une soirée en boîte, on décide de rentrer et, à la sortie de l’hôtel, on trouve un unique rickshaw courageux (il était quand même 3h30) et quelques taxis.

 

Avec le rickshaw driver :

 

Nous : « Bhai-ya, East of Kailash ?”

Lui : “150 rupees”

Nous : “What????? We paid only 50 to come!!! You put the meter » [compteur indien : en théorie, tous les taxis et rickshaws doivent démarrer le meter pour chaque course et ne pas fixer le prix à la tête du client, ce qui est surtout valable pour nous, occidentaux, souvent considérés comme des portes monnaie ambulants. Législation respectée à Bombay mais carrément occultée à Delhi où chaque course fait d’abord l’objet d’âpres négociations…]

Lui : “Sir, it’s night time, it’s far… No meter”

Nous : “You have to put the meter, it’s the law!”

Lui : “Meter is not working”

Nous : “You put the meter or we call the police! What is your rickshaw number?”

Lui : “East of Kailash too far, I have to go back home”

Nous : “Noo, stay, 100 rupees”

Lui : “No, I go home.”

 

Et le rickshaw de nous planter là et de partir… On se rabat donc sur le taxi, qui accepte d’entrée de jeu de mettre le compteur, on est contents! En arrivant, la note est salée : 360 rupees…

 

Là, on dit « Bien joué ! », tout ça pour économiser 100 roupies, soit moins de 2€… Deviendrait-on indien à négocier pour tout, y compris pour quelques centimes d’euros ? Je ne pense pas : dans mon cas, je ne négocie pas pour la somme en question, mais simplement par principe, je ne vois pas pourquoi je devrais payer plus pour tout ! Là où vraiment je m’énerve, c’est quand des amis indiens négocient le rickshaw et que le chauffeur double le prix quand il nous, des occidentaux,  voit arriver…

 

La prochaine fois, on essayera peut-être d’être plus gentils avec les rickshaws...

Par Aurélie
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Dimanche 6 avril 2008 7 06 /04 /Avr /2008 09:28

Le 22 Mars, les indiens célébraient Holi, la Fête des Couleurs.

 Mais d’abord, un peu de culture :

« La Holî - parfois appelée fête des couleurs ou Phâlgunotsava - est la fête hindoue de l'équinoxe de printemps. Elle trouve son origine dans la Vasantotsava, à la fois un sacre du printemps et célébration de la fertilité. Il est fêté dans toute l'Inde durant deux jours au cours de la pleine lune du mois de Phâlguna qui se situe en février-mars. La holî est dédiée à Krishna dans le nord de l'Inde et à Kâma dans le sud.

 

La Holî est fêtée avec une ferveur particulière en Orissa et dans la région de Mathura, la ville de naissance de Krishna.

 

La nuit du premier jour de la fête, un feu est allumé pour rappeler la crémation de Holîka. Le deuxième jour, connu sous le nom de Rangapanchami, les gens, habillés en blanc, circulent avec des pigments de couleur qu'ils se jettent l'un à l'autre, il est alors d'usage de s'excuser, après avoir sacrifié au rite coloré, par « Bura na mano, Holî hai » (Ne soyez pas fâché, c'est la Holî en hindî). C'est aussi l'occasion pour s'inviter à partager des mets faits spécialement pour cette occasion.

 

Suivant la mythologie hindoue, Hiranyakashipu, le roi des démons, s'était vu accordé par Brahma le privilège de ne pouvoir être tué. Il était alors devenu arrogant et causait beaucoup de mal au ciel et sur la terre. Son fils, Prahlad, était un adorateur de Vishnou qu'il continuait à vénérer malgré l'opposition et les menaces de son père. Très fâché contre son fils, Hiranyakashipu le défia de s'allonger dans un feu avec Holîka, sa sœur, la tante de Prahlad, qui ne pouvait mourir par le feu. Prahlad accepta sans difficulté le défi et pria Vishnou de l'aider dans cette épreuve. Quand ils furent entrés dans le feu, chacun put observer avec stupéfaction et contre toute attente que Holika était brûlée à mort. Prahlad, quant à lui, s'en tira sans aucune blessure.

 

Avant de mourir, réalisant sa folie, Holîka implora le pardon de Prahlad qui le lui accorda et qui est depuis, chaque année, fêté au moins un jour pour son geste. La Holî est la célébration de la crémation de Holîka.

 

Ce festival exubérant est également associé à l'amour immortel de Krishnaaa et de Râdhâ. Le jeune Krishna se plaignait à sa mère Yashoda du teint si clair de Râdhâ, alors que lui avait la peau si foncée. Yashoda lui conseilla alors d'appliquer de la couleur sur le visage de Râdhâ pour voir comment deviendrait son teint. », Wikipédia

 

Voilà, maintenant vous savez le pourquoi du comment!

Au programme donc, bataille de couleurs dans les rues de Delhi désertées (si c'est possible!) pour l'occasion! Avec ma coloc, on prenait le ptit déj sur la terrasse quand les enfants du quartier se sont mis à nous appeler et à nous envoyer des ballons d'eau... On ne va pas se laisser faire quand même! On enfile des vêtements auxquels on dira définitivement adieu à la fin de la journée, direction recherche de munitions!!!! On trouve enfin un rickshaw qui nous accepte mais, manque de bol, pas assez rapidement, car le 1er assaut des ados est pour moi : happy holi!!!!! Me voilà déjà à moitié trempée, avec une 1ère couche de poudre rose et violette partout : visage, cou et cheveux et en bonus, de la bombe de peinture argentée qui me fait ressemblée, au bonheur, à un zèbre vu de dos! La journée commence bien, mais ils ne perdent rein pour attendre : 600 roupies en poche à dépenser en couleurs, ballons et autre fusil à eau…

 

C'est chose faite, nous voilà, nous petits blancs du quartier (quoique plus vraiment très blancs...) prêts à en découdre! Toute la matinée, on se prendra des seaux d'eau colorée dessus, des bombes à eau jetées des toits des immeubles, des poignées entières de poudre de couleur partout, alternant entre poursuite acharnée contre les petits merdeux de voisins et les gestes attentionnées des anciens qui nous donnent bénédiction et vœux de bonheur en nous effleurant à peine les joues avec quelques couleurs!

 


Etonnant d'ailleurs : en Inde, on "joue" à une fête : ils nous demandent tous "do you want to PLAY holi with us?". Et tout le monde se plie à la tradition : petits (dès 2 ans, mais quand même plus ou moins apeurés par le chaos ambiant) et grands. J’imagine la même situation en France pour une manifestation catholique par exemple, et tout me semble bien improbable… Les loisirs, le jeu et la détente tiennent une place vraiment à part en Inde : les indiens dansent dans les cinémas en écoutant les hits bollywoodiens, passent beaucoup de temps autour d’un tchaï à discuter et rigoler en famille… Pas étonnant donc de constater que la religion elle aussi se vit avant tout et reste ludique.

Il est vraiment remarquable de voir à quel point la grande majorité des indiens sont tolérants : il n’était pas forcément évident que, nous, occidentaux, soyons si bien accueillis et intégrés à cette célébration hindoue, et pourtant…

Par Aurélie
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Dimanche 6 avril 2008 7 06 /04 /Avr /2008 09:12

Voilà déjà un mois que je suis de retour à Delhi, et pratiquement autant que j’y travaille. Se pose alors la question du compte en banque. Je prends le taureau par les cornes et sacrifie un samedi matin pour remplir ces quelques formalités à ICICI Bank, LA banque indienne présente absolument dans le tout le pays. Premières minutes de queue à l’accueil pour savoir à qui m’adresser : une bonne vingtaine de comptoirs, autant de files d’attente, des bureaux avec des conseillers, bref, j’étais larguée, avouons-le.

 1er conseiller : il m’explique que j’ai fait un excellent choix en venant dans cette banque et m’entraîne directement dans le bureau de son collègue. Rebelote, même discours et les premières questions sur ma situation en Inde arrivent. Nouveau changement d’interlocuteur et la valse des papiers commencent : passeport, photos d’identité, contrat en double, justificatif de domicile, permis de séjour, la totale. Et… attendre. 30, 45 minutes puis bientôt une heure, toujours rien. 20 minutes après, j’apprends que non, je ne peux pas ouvrir de compte ici car ma société n’a pas son compte dans cette banque ! Merci de l’information, ça fait juste 2 heures que j’attends…

 Bref, retour à la case départ lundi, cette fois chez HSBC, où est domicilié le compte de mon employeur. Attendre, encore et toujours… Puis une conseillère, jeune, mais qui à mon avis ne fera pas une longue carrière dans cette banque vu le manque d’intérêt flagrant manifesté aux clients : elle répond à son portable, grignote en nous expliquant les différents produits dont elle a marqué les avantages au dos d’une feuille de brouillon, bref, le rêve. Je lui explique donc ma situation, cette fois à priori, pas d’embrouille : tous les documents répondent à l’appel, je peux ouvrir un compte chez eux, je suis même étonnée d’avoir pliée l’affaire en 20 minutes, top chrono et photocopies des documents comprises !

 Mais le moustachu a de la réserve… Une semaine après, coup de fil, ma demande est rejetée pour une raison plutôt obscure : l’identité décrite sur mon passeport n’est pas la même que sur mon permis de séjour !? J’y retourne et oui, effectivement, je n’ai pas marqué mes 3 prénoms sur mon permis de séjour, mais simplement mon prénom usuel… Sacrilège ! Me voilà partie dans les explications de cette chose ma foi plutôt courante en France mais que le moustachu ne comprend décidemment pas. Après une demi-heure de bataille, elle finit par me demander l’identité sous laquelle je veux apparaître ! Comble de l’ironie : c’est à moi de « choisir » mon identité alors qu’ils m’ont rabâché pendant 20 minutes que c’était une question de sécurité nationale, ce à quoi j’avais simplement répondu que ça m’était égal qu’il y ait 1 ou 3 prénoms. Sécurité nationale, tu parles… pas envie de s’embêter me semble être une meilleure raison !

 Mais l’histoire ne s’arrête pas là : re-coup de fil, cette fois, les moustachus ne savent pas sous quelle identité mettre ma carte bleue et mon chéquier ! « Nom et prénom » ou « prénom et nom » ?? Cruel dilemme… 3ème visite à la banque donc en l’espace de 10 jours ! Pas contrariante, je rétorque un peu agacée un « I don’t care about that, for me it’s the same identity », mais apparemment pas suffisant : on me fait encore signer X papiers. Voilà maintenant 2 semaines que mon compte est normalement ouvert, et j’attends toujours mes moyens de paiement…

Procéduriers les Indiens ?

Par Aurélie
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Dimanche 6 avril 2008 7 06 /04 /Avr /2008 09:02

Je suis arrivée depuis quelques jours déjà à New Delhi où j’habite chez un de mes chefs en attendant de trouver un appart, et ce n’est pas une mince affaire.

1/ Se mettre d’accord sur ce qu’on cherche : un appart meublé (pas en ruines si possible), 3 chambres pour une coloc, dans le sud de Delhi (entre les quartiers de Lajpat Nagar et Hauz Khas où je vais travailler, voir la carte pour plus de précisions :
http://maps.google.fr/maps?f=q&hl=fr&geocode=&q=hauz+khas,+delhi&ie=UTF8&ll=28.549846,77.23011&spn=0.077354,0.159645&z=13&om=0

 
2/ Trouver un agent immobilier, ou « broker » : un moustachu accompagné de 2 ou 3 portables pour actionner son réseau et dégotter, en théorie, la perle rare…

 
3/ Lui expliquer ce que l’on veut, et c’est tout un art : autour d’un tchaï, et toujours avec 3 ou 4 autres moustachus dont on ne comprend pas vraiment le rôle. En général, après énoncé des indications ci-dessus, ça donne ça :

Broker : “How many people will stay in the flat ?”
Moi : “3 (prononcez ‘trrrri’ à l’indienne)
Broker : “Is a 2 bedrooms flat will be ok?”
Moi : “No, I want a 3 bedrooms flat : 3 people, so 3 bedrooms”
Broker : “But you can share a room or someone can live in the dining room”
Moi, un peu agacée : “No, I want a 3 bedrooms flat!!!”
Broker : “How many girls and boys?”
Moi : “Me and 2 boys”
Broker : “But the boys can share the room!”
Moi, carrément agaçée de devoir me justifier : “NO, I want 3 bedrooms!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! 3 people = 3 bedrooms!!!
We need a minimum of intimacy.”

Et le dialogue de sourd de continuer comme ça pendant encore une bonne demie heure. Le problème ici, c’est que l’intimité n’est définitivement pas une valeur indienne : d’abord, la crise des logements dans les grandes villes indiennes a pour conséquence directe une hausse phénoménale des loyers que finalement peu de personne peuvent se permettre donc la colocation est relativement étendue ; ensuite, la société indienne est basée sur le principe de la « joint family », comprenez par là qu’une famille se compose généralement des parents, des enfants, des grands parents, parfois même des petits-enfants et oncles et tantes et que tout ce petit monde vit sous le même toit. Il n’est donc pas rare de trouver des familles vivant à 10 dans un 2 pièces. Forcément, le broker a un peu de mal à comprendre mes exigences…

 

4/ Les visites : souvent des apparts ne correspondant pas à ma demande, cf ci-dessus.

Broker : « How do you like the flat ? »
Moi : “Good (ou Bad, en fonction de si je trouve des pans entiers de peinture au sol, une salle de bain sur la terrasse, etc…), but it’s a 2 bedrooms flat and I told you that I’m looking for a 3 (bien insister encore une fois sur le ‘trrrri’ à l’indienne) bedrooms flat, teen (3 en hindi) bedrooms !!! »

Et rebelote pour la même discussion qu’il y a 5 minutes dans le « bureau » du broker…

 
Ou, version 2 :

Moi : “That’s clearly not in my budget, I told you I want something for a maximum of 24 000 rupees per month!!!!”
Broker : “Ma’am, the flat is only 30 000 rupees per month, you can increase your budget.
It’s verrrry verrrry good prrrrice, cheap prrrrrice Ma’am.”

Et encore un dialogue de sourd…

 
Donc voilà, après avoir « embauché » une vingtaine de brokers et visité au moins autant d’apparts, je suis toujours à la rue… Je vous passe les coups de fil de brokers que bien sûr je ne reconnais pas, je suis même incapable de vous dire où se trouve le bureau ou quel appart correspond à quel broker (sauf pour ceux qui se rapprochent le plus de ce que l’on cherche) et qui vous harcèlent pour que vous preniez une ruine…

 
Désespérée je vous disais… HELP !!!

 

Update :
Finalement, j’ai abandonné la recherche d’un appart pour créer une coloc et me suis rabattue sur une chambre dans une coloc déjà formée : un appart nikel, des colocs sympas, tout roule!

Par Aurélie
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Dimanche 6 avril 2008 7 06 /04 /Avr /2008 08:47

Après de multiples péripéties (je reviendrais peut être sur mes mésaventures à l’ambassade d’Inde en France, les allers-retours à Paris, les dizaines de documents à fournir pour obtenir le visa E, précieux sésame vous permettant de travailler en Inde…) et  un voyage interminable, me voilà finalement de retour en Inde !

 

Tout  est là : des moustachus en uniformes kaki affalés sur leurs chaises ou dans des bureaux désertiques et trainant les pieds dans les couloirs, qui hurlent pour se parler et sont 10 à accomplir une simple tâche ; les porteurs en tous genres qui cherchent à soutirer quelques roupies au porte monnaie ambulant que vous êtes en tant qu’occidental dans ce pays…

Pourtant, quelques minutes plus tard, j’en venais à me demander si j’étais bien descendue de l’avion à la bonne escale : mon chauffeur de taxi respecte la signalisation, ne joue pas avec ma vie en slalomant comme ses congénères parmi les vélos, rickshaws, bus, camions et autres voitures, et n’utilise même pas son klaxon !?! Et perdu dans la jungle urbaine de Delhi, il s’arrête plusieurs fois pour demander son chemin, attend consciencieusement que son interlocuteur finisse ses explications et se fend même, chose improbable,  d’un « dhanyavaad », « merci » en français !!! Mais où est donc passée le chaos régnant d’ordinaire dans les rues indiennes où l’unique règle qui prévale est « priorité au plus gros » ? Me voilà rassurée, après quelques pas dans le marché du quartier, je constate que je suis toujours le dernier maillon de cette chaîne, le contraire m’aurait vraiment étonnée, mais il y a quand même du progrès !


Ca y est, je suis donc bien de retour en Inde pour quelques temps !

Par Aurélie
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Dimanche 6 avril 2008 7 06 /04 /Avr /2008 08:34


Ca y est, plus de 2 mois après mon arrivée à New Delhi, je me décide enfin à créer ce bog pour partager avec vous des morceaux de vie quotidienne en Inde, mes surprises, mes déceptions, des anecdotes... J'espère pouvoir vous faire voyager et découvrir un peu ce pays extraordinaire et sa culture.

Je poste aujourd'hui quelques articles que j'ai écrit au fur et mesure depuis mon arrivée.

N'hésitez pas à me laisser vos commentaires, réflexions, remarques!
A très bientôt!

Aurélie
Par Aurélie
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